Marie-Kathrin Daspet

 

 

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"Le tourbillon des lignes et des couleurs

 

se métamorphose en mélodie de l'âme"

 

 

 

Marie-Kathrin, franco-allemande, née en 1964, vit depuis près de 30 ans à Strasbourg. De 1995 à 2001,  elle a suivi des cours de nus, à l'école des Arts Décoratifs de Strasbourg.

 

Membre de l'AIDA (Artistes Indépendants d'Alsace) depuis 2002.

 

Marie-Kathrin s'intéresse essentiellement à la personne humaine: visage ou corps. Tentant de traduire les sentiments que lui inspire chaque modèle, elle adapte son expression (Couleur, trait, technique de dessin) à la personnalité du modèle.

 

 

 

Expositions personnelles :

France :

Strasbourg :

 

         Dans le cadre d'Acap'Art (15éme édition) : août 2003

 

         Harmonia Mundi  : février 2004, mars 2005, juillet-août 2005, mai-août 2007, mars-avril 2008, décembre 2010-février 2011

 

          Ex Libro mars 2004, mars 2006

 

         Maison d'Art  : février 2005

 

         Moulin de la Wantzenau : novembre 2005, mai 2013

Chambre des Métiers d'Alsace à Schiltigheim :  juin-août 2006

         Quai des Brumes :  novembre 2006

  Conseil de l'Europe, 2007

         Cycle d'expositions "Chemins d'art sacré en Alsace", 11ème édition organisée par le diocèse de Strasbourg du 19 juin à fin septembre 2008 :  A l'abbatiale romane Saints Pierre et Paul de Wissembourg sur le thème : "Femmes bibliques, femmes universelles ".

 

                 A Soultzmatt dans le cadre des automnales d'art sacré en octobre 2009

 

                 Au couvent d'Oberbronn du 12 mars à fin avril 2010

 

 

Octobre rose au CHU de Hautepierre et à la Maison de la Région du 1er octobre au 10 novembre 2010

 

  Conseil de l'Europe, novembre 2012

 

Amènagement artistique d'une passerelle du CHU de Hautepierre en septembre 2012 et exposition "Danse pour la vie", avril 2013.

 

 

 

 Nancy :

 

          Galerie "A la source des Arts" : avril 2010, février 2011, juin 2012

 

 

 

Suisse :

 

Zurich :

 

           Dans le cadre du cycle d'expositions "Chemin d'art sacré en Alsace" en septembre 2009

 

 

Allemagne :

 

Waghäusem :

 

       Galerie "Kavalierhaus, Eremitage" : février-avril 2010 avec comme programme d'accompagnement un discours pour la journée mondiale de la femme (à propose des tableaux  des femmes bibliques Hagar et Marie) et un discours "Vivre avec la souffrance" du Prof. Dr. Hartmut Rupp (professeur de théologie protestante) à propos de la crucifixion de Marie-Kathrin.

 

 

Peindre un corps, aimer encore

 

La beauté et la poésie ne puisent qu’au tréfonds de la souffrance." M-K D

Quand je regarde les œuvres de Marie-Kathrin Daspet une question me vient, qui me semble soudain essentielle : pourquoi un jour l’homme a-t-il commencé à peindre ou à dessiner un corps ? Un corps d’homme ou de femme ? Un corps aimé. Qu’est-ce donc qui l’a poussé à reproduire ce corps qu’il pouvait tout autant caresser ou posséder ?

Plus que le simple vœu d’inscrire dans la durée, de fixer, cette forme appelée à se défaire, j’ose penser que c’est précisément l’amour qui a agi et que le dessin, la peinture ou encore la sculpture ne sont que des formes sublimées de caresse et d’amour charnel. « Peindre c’est aimer à nouveau » écrivait Henry Miller. Comme on aime quand on est en poésie aussi, vraiment. « Aimer à nouveau » quand nous avions cessé de le faire, par manque de courage sans doute car il faut du courage pour affronter la belle douleur d’aimer. Il faut aussi du courage pour peindre, se coltiner à ces formes qui tout à la fois résistent et se délitent peu à peu. Et se jouent du regard. Peindre un corps c’est donc avoir doublement ce courage. Les œuvres de Marie-Kathrin confirment selon moi pleinement cette hypothèse. Elles sont d’abord, quelle que soit la technique utilisée, amour et douleur. Car les deux sont liés à jamais et cela n’exclut pas, bien au contraire, le bonheur de deux êtres qui s’unissent et se confondent dans la lucidité dont Char nous a rappelé qu’elle est « la blessure la plus proche du soleil ».

Le corps ici ne s’impose pas dans une gloire, une force, comme dans la statuaire antique ou la peinture de nu jusqu’à l’Olympia de Manet ; ce que nous découvrons c’est la fragilité de ces corps qui souvent se tordent, de ces corps torturés. De ces corps qui, dans les aquarelles par exemple, semblent baigner dans leur sang. Ce ne sont que des plaintes, sourdes plaintes pour nos yeux, sourdes plaintes qui n’en finissent pas de couler depuis le plus profond. Car avec ces visions de Marie-Kathrin on pénètre les entrailles. Oui, les pastels sur fond noir par exemple explorent cette nuit du corps que l’on ne peut voir, qui nous est à jamais interdite.

On comprend alors que la crucifixion est un travail majeur et emblématique de cette œuvre. Cette plainte sur croix, ce fils abandonné et sanglant, ainsi que nous l’expose Marie-Kathrin est, même pour le mécréant que je suis, la plus juste image de ce que j’appellerais « l’appelant ». La plus juste image de son cri. Ce plus juste appel à la vie dans la mort elle-même. Oui, les bras ne sont pas tant en croix que dans la posture de l’appel ou de l’invocation et la tête n’est pas penchée vers l’avant. Elle est rejetée en arrière comme pénétrant la croix elle-même pour adresser un terrible cri vers ce qui nous dépasse et qui est nécessairement en haut, au dessus. Chacun aura remarqué aussi que l’appelant n’a pas de sexe et que ses formes évoquent parfois d’ailleurs plus une femme qu’un homme. Que signifie ce Christ androgyne ? Et quel est au juste le sens de son appel ? Nous ne pouvons bien sûr répondre car si l’on pénètre l’intérieur d’un corps - au point soudain d'en éprouver toute la souffrance - avec la peinture empathique de Marie-Kathrin on ne peut pour autant déchiffrer les énigmes qu’elle pose. Et il serait même malvenu et surtout vain de tenter de répondre car cette peinture, qui est amour et douleur, ne cesse, pour cela même, de poser question et c’est là justement ce qui nous convoque et nous ouvre la voie. Les « réponses » nous arrêtent dans un ici rassurant certes mais sans gloire, un ici qui ne saurait être à notre mesure et qui montre vite son caractère fallacieux. Les questions nous entrainent toujours plus loin dans la juste errance. Merci Marie-Kathrin Daspet d’oser ce chemin-là. Cette haute exigence.

"L’art est là pour nous surpasser…" M-K D

Guy Allix

 

 

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