Hommage à Jean Bernard

 

 

Les vies parallèles d’un Honnête homme

A la famille de Jean Bernard

 

 

C’est un grand Honnête Homme qui nous a quittés au printemps 2006. Jean Bernard est l’homme d’un siècle qu’il aura traversé en y inscrivant une empreinte tout à la fois profonde et discrète. Ce fut un des plus grands médecins du temps, le premier notamment à avoir pu guérir la leucémie, jusque là incurable. Cela pourrait largement suffire pour justifier toute une vie quand on sait le nombre de personnes autour de nous qui, directement ou indirectement suite à ses travaux, lui doivent cette même vie… Mais cela ne suffisait certes pas à sa générosité. Dans le domaine scientifique, celui qui présida l’Académie des sciences, fut aussi l’un des inventeurs de l’« hématologie géographique ». Il fut le Président du premier comité consultatif d’éthique dans le monde, fondé en France sous François Mitterrand, comité que le Professeur appelait depuis longtemps de ses voeux. Jean Bernard fut aussi, pendant la Seconde Guerre Mondiale un résistant de la première heure… Mais on ne saurait oublier, ici dans les « Cahiers du Sens », qu’il était encore un remarquable liseur de poètes et que sa culture dans ce domaine était très vaste. Sa présence au sein de l’Académie française était plus que justifiée.

J’ai eu le bonheur de rencontrer à plusieurs reprises le Professeur Jean Bernard dont j’avais lu le recueil Survivance. Les mots de sa longue « prière » publiée dans ce recueil étaient écrits dans le granit. Rappelons les circonstances de l’écriture de ce livre. Jean Bernard est arrêté pendant la guerre car on le soupçonne de terrorisme, c’est ainsi que l’on disait alors, et il est incarcéré à la prison de Fresnes (il me dira plus tard avec humour : « je suis un repris de justice »). Il ne peut là ni écrire, ni lire et les seuls échos des fusillades remplissent sa cellule. Comme il est, de fait, résistant, il s’attend lui-même d’un jour à l’autre à passer devant le peloton d’exécution. Il lui faut donc survivre en attendant... Les poèmes de Survivance ont donc été composés de mémoire dans cette cellule et Jean Bernard ne les publiera qu’après sa libération, ses geôliers n’ayant pu finalement recueillir de preuves contre lui. Et il s’en tiendra à ce seul recueil, par humilité simplement, je dirais même « par poésie ». Il faut rappeler que le jeune Jean Bernard, passionné de littérature, avait hésité longtemps entre une vie littéraire et une carrière médicale. La modestie et la générosité conduiront son choix : « Il vaut mieux être un modeste médecin qu’un écrivain médiocre : un modeste médecin sauve des vies. » avait-il coutume de dire et il était entré en médecine à une époque où, pourtant, bien peu de malades guérissaient. Cependant cette passion de la littérature et de la poésie ne l’aura jamais quitté. Il sera ainsi l’un des « potassons » de la grande librairie d’Adrienne Monnier, rue de l’Odéon, y rencontrant tour à tour Cocteau, Valéry, Breton, Claudel et bien d’autres comme plus tard il devait côtoyer J.L Borges. En avion, lors de ses nombreux déplacements, Jean Bernard voyagera toujours avec un de ces vieux imperméables blancs qui avaient l’avantage de posséder de grandes poches où l’on pouvait glisser des Pleïades…

J’avais donc lu Survivance et j’animais alors un « club poésie » au collège Lavalley de Saint-Lô. Les élèves écrivaient des poèmes bien sûr mais ils publiaient aussi une revue trimestrielle (« Lavalley du poème ») contenant chaque fois, avec leurs productions, un dossier sur un poète invité lors d’une rencontre publique où les petits collégiens pouvaient alors débattre, avec l’auteur et « mettre en scène » un choix de ses poèmes. Etaient venus nous rencontrer alors J.E Bencheikh, Hughes Labrusse, Jean-Pierre Siméon, Jean-Luc Maxence, François David, Marie-José Hamy, Pierre Dhainaut… Comme on dit « tu à tous ceux qu’on aime », le « tu » était de rigueur au grand dam, on l’imagine, de certains membres du public ! Et puis m’est venue l’idée, un peu folle, d’inviter au club le Professeur Bernard. Une occasion de briser les petits « tiroirs-caisses cartésiens », de montrer par exemple que l’on pouvait être poète et homme de science. J’envoyais une simple lettre, comme une bouteille à la mer, à un homme avec qui je n’avais jamais correspondu. La réponse ne s’est pas faite attendre. Trois jours plus tard, je la recevais, tout ému. Il acceptait « avec joie » de venir s’entretenir avec les membres de notre club et je découvrais, assez émerveillé je l’avoue, qu’il connaissait mon modeste travail poétique, découvert dans « Vagabondages ». J’avertissais mes élèves de mon initiative et de la réponse du Professeur. Bien sûr, ils ne connaissaient pas bien « le monsieur » mais le nom de l’« Académie » les impressionnait quelque peu… Il y avait cependant un problème que je tenais à régler sans plus tarder : il n’était pas question cette fois de « tutoyer le Professeur », homme âgé et illustre, que par ailleurs « le prof qui rêve » (c’était mon sobriquet…) ne connaissait pas personnellement au contraire de nos précédents invités… Le problème se transforma en déception, mais on me promettait de respecter la règle nouvelle, et chacun prépara la rencontre au mieux. Le professeur arrivait un samedi matin et un repas était organisé avec les collaborateurs adultes[1] du club avant la réunion. C’est lors de ce repas que j’osai soudain, le verre de vin aidant peut-être, présenter notre problème au Professeur. Quelle ne fut pas ma surprise lorsqu’il me déclara simplement : « Mais, voyons, je serais très honoré que les enfants me disent « tu » ! » !. Quelle belle leçon d’humilité. Nos petits maîtres imbus de leur personne feraient bien de fréquenter cette école. J’ai averti les élèves mais le premier qui intervint, tout impressionné qu’il était par ce petit grand homme, ne put prononcer ce « tu » pourtant autorisé ! Et bien sûr chacun s’en tint au « vous ».

Je me souviens de ces têtes d’enfants sous le charme, émerveillées par ce Monsieur qui, bien que d’une culture sans pareille, savait parler sobrement et s’adapter à son public. Les petits diables que j’avais en classe se transformaient en petits anges et le public adulte, venu en nombre, était aussi émerveillé. Je découvrais alors en la personne du Professeur un grand pédagogue, un « communicateur » exceptionnel.

Ceci me fut confirmé par la suite quand il vint rencontrer quelques années plus tard des lycéens, cette fois pour une double conférence sur la bioéthique et l’hématologie géographique. Pour la petite histoire, nous avions vaguement programmé cette intervention, lui et moi, par courrier quand il fut victime, à presque 90 ans, d’un très grave accident de la route. La Rectrice d’Académie qui l’accompagnait était décédée et Jean Bernard dirait par la suite ne devoir la vie qu’au « protocole universitaire » (il aurait été selon le « protocole civil » à la place de la Rectrice…). Pendant de longues semaines, le Professeur fut entre la vie et la mort et j’avais bien sûr abandonné le projet… quand je reçus une lettre de sa main me disant qu’il était temps de fixer une date pour cette double conférence !

Le succès, au lycée de Carentan, fut une nouvelle fois au rendez-vous. Quelques exemples bien choisis en début de conférence et le Professeur « tenait » ce groupe de 300 élèves comme nous, les enseignants, ne savions pas le faire avec une classe de 25. Quelle leçon de pédagogie là encore.

Il y eut encore une belle rencontre animée par l’amie Françoise Fouillard à Coutances alors que le Professeur avait, comme il le dit alors, en réponse à un membre du public, « nonante ans »… et toujours une lucidité intellectuelle remarquable.

Nous correspondions épisodiquement et je songeais souvent à sa disparition prochaine. Je savais qu’il quitterait le monde sans bruits inutiles…

Jean Bernard est effectivement parti en toute discrétion et la nouvelle de son décès n’a été annoncée par sa famille, selon ses vœux, qu’après l’inhumation. Cette façon de nous quitter est conforme en tout point à cet homme intègre et humble qui se méfiait des médias tout comme il détestait le lucre. Oui, l’Honnête Homme était aussi un homme d’une rare honnêteté intellectuelle. Les médias, à la notable exception du « Monde » par exemple, ont donc fait peu de cas de cette disparition : c’est qu’on a d’abord, dans cette ère de déliquescence, les chats du show-biz à fouetter. Pourtant le Professeur laisse un vide terrible. Il venait de cette époque bien lointaine (à l’heure où l’on envisage de supprimer la filière littéraire au lycée) où les médecins, ayant « fait leurs humanités », n’étaient pas de froids techniciens. C’était un des derniers grands humanistes, un homme doté de plus d’une vraie indépendance qui avait su toujours garder en lui l’art de naviguer à contre-courant (s’il était « de droite » c’est incontestablement d’une droite qui aurait su, elle, garder toute sa rectitude !). Et moi j’ai un peu l’impression d’avoir perdu, avec lui, le grand-père rêvé que je n’ai jamais eu.

Guy Allix, article publié dans Les Cahiers du Sens, 2007

 

 

On pourra lire de Jean Bernard sa très belle anthologie intitulée Le Sang des poètes (éditions Odile Jacob).

 

Jean Bernard et le racisme

A l'heure où Claude Lévi-Strauss, auteur de Race et histoire vient de nous quitter... 

Il y a environ deux ans j'ai entendu des choses, pour le moins bizarres selon moi, au sujet du racisme de la part quelqu'un qui tentait de me convaincre que croire en l'existence de races humaines n'était pas du racisme et que, de même, affirmer "l'inégalité des races" n'était en rien une proposition raciste. Il y avait différence entre les races... et "inégalité" étant selon lui synonyme de "différence" il y avait bien inégalité entre les races... Voilà comment on banalise les thèses racistes.

A ce niveau de confusion langagière, on finit par toucher l'inarticulé. "Inégalité" et "différence" ne sont en rien synonymes, comme le sait normalement tout locuteur français, une analyse sémique le montre rapidement. "Différence" n'est que l'un des sèmes du mot "inégalité" et en rien un de ses sens. En fait ces "confusioniste" (et à qui profite donc la confusion ?) confondent donc "sème" et "sens". Les termes "inégalité" et "différence" peuvent même être opposés, antonymes, diraient les lexicologues. C'est bien ce que confirme, à de multiples reprises, le Professeur Jean Bernard. L'étude du sang a montré à celui qui a créé l'hématologie géographique combien proches étaient les hommes et combien les apparentes inégalités étaient loin d'être confirmées par le sang. Si le terme de "race" appliqué aux hommes n'a aucun fondement scientifique et n'est qu'un élément fondamental de la construction idéologique du racisme par les successeurs de Gobineau, il convient par ailleurs d'insister, ainsi que le fait le Professeur tout au long de son oeuvre, sur cette opposition entre "inégalité" et "différence". Le racisme se réduit à des actes, me dit-on. Mais c'est avant tout un discours qui arme ces actes ignobles, d'une stupidité proche de... l'inarticulé effectivement. Inarticulé grâce auquel ce que j'appellerais le "racisme rampant", celui qui n'ose dire son nom, a de beaux jours devant lui.

Et Jean Bernard a été, avant Senghor lui-même (les deux hommes se vouaient une égale admiration...), un ardent défenseur du métissage dont il connaît les avantages dans la lutte contre les maladies. 

"Ces corrélations ne sont pas limitées à l'hémoglobine S. Elles ont été retrouvées pour d'autres hémoglobines, par exemple pour l'hémoglobine E. Elles ont suscité d'utiles réflexions dont les thèmes inspirés par l'hémoglobine S sont les suivants : entre les hommes, il n'y pas inégalité mais différence. Tel caractère, l'hémoglobine S, nuisible en dehors des zones d'endémie palustre, est favorable dans les zones en question. Le métissage est avantageux." (Jean Bernard, La légende du sang, Flammarion). Il rappelle encore ce point dans l'interview qui suit. 

 

 

 

INTERVIEW DU PROFESSEUR JEAN BERNARD

 

Interview du Professeur Jean Bernard pour le revue "le Sivard", reuvue du lycée de Carentan.

 

 

 

M. Le professeur, vous affirmez qu'il existe une histoire et une géographie de l'éthique de la biologie du fait des différences culturelles ou religieuses. Pourtant il semble que l'éthique ne devrait pas connaître de frontières. Ne peut-on pas envisager (rêver...) un comité international d'Ethique ?

Professeur Jean Bernard : L'UNESCO a créé un comité international d'éthique que préside Noëlle Lenoir. De très utiles confrontations sont ainsi: possibles. De très grandes différences existent. La vente des organes, interdite en Europe est acceptée en Amérique du Sud, en Asie. La religion bouddhiste, la croyance en la métempsychose rendent assez vaines nos discussions sur la fécondation in vitro ou le génie génétique.

Pourquoi les comités permanents d'éthique seraient-ils un jour appelés à disparaître ainsi que vous l'affirmez au profit de comités ad hoc? Les progrès futurs n'amèneront-ils pas d'autres problèmes? La réflexion ne doit-elle pas être continue?

Professeur Jean Bernard : Ce n'est pas tant des progrès de la science qu'il s'agit que de l'éducation et de l'information. L'existence de comités d'éthique permanents sera moins nécessaire si une bonne éducation des adolescents est organisée (ce qui est en cours) et si une information correcte est donnée (ce qui reste très incertain compte tenu de l'évolution de la télévision etc.)

Le Comité National d'Ethique n'a qu'un pouvoir consultatif. Peut-on considérer qu'il a aussi un pouvoir normatif ?

Professeur Jean Bernard : Un comité consultatif est beaucoup plus écouté en France qu'un comité doué de pouvoirs.

Le Comité National d'Ethique a une composition pluridisciplinaire. Cette composition n'entraîne-t-elle pas des problèmes ? Le dialogue entre les différentes disciplines s'établit-il facilement ?

Professeur Jean Bernard : Je me suis bien souvent posé cette question lors des premières réunions du Comité Consultatif National d'Ethique. Il est apparu qu'il ne fallait pas chercher de compromis mais tirer de chacun le meilleur. Les différences entre nous, les contrastes ont finalement été source de progrès.

Peut-on considérer qu'il y a une philosophie du comité national d'éthique ?

Professeur Jean Bernard : Il n'y a pas de philosophie du Comité Consultatif National d'Ethique. Son action est pragmatique: permettre aux hommes de connaître les bienfaits dus à une découverte et d'en éviter les conséquences fâcheuses.

Prenons un problème éthique particulier : en Italie récemment, une petite fille est née alors que sa mère ovulaire était morte depuis deux ans. Celle-ci souffrait d'une forme de stérilité et les médecins avaient réussi à obtenir la fécondation en éprouvette de plusieurs de ses ovules par le sperme de son mari. Finalement la patiente décède des suites d'un accident et, à la demande du mari et de la soeur de la jeune femme, un gynécologue a implanté un ovule fécondé dans l'utérus de cette dernière. Les réactions sont partagées entre une totale réprobation et la vision de cet acte comme un "acte de générosité" (selon Rita Levi Montalcini, Prix Nobel de médecine).

Quelle est l'attitude que l'on peut adopter devant cette pratique? Y a-t-il des principes clairs qui permettent de résoudre ce problème ?

Professeur Jean Bernard : La tentative italienne n'est pas très raisonnable: avec la naissance d'un enfant ayant deux mères, une mère utérine (sa tante), une mère ovulaire dont il est orphelin. Quelles seront les réactions psychiques de cet enfant quand, à 14 ans, il saura la vérité?

Jacques Testart, biologiste à l'INSERM, demande l'arrêt à l'échelon mondial des diagnostics génétiques pré-implantatoires sur l'embryon humain dans la fécondation in vitro, redoutant un nouvel eugénisme. Y a-t-il vraiment danger ?

Professeur Jean Bernard : on ne pourra répondre à cette question que lorsqu'on connaîtra les mécanismes des différents étages de la différenciation.

L'étude de la biologie et de l'hématologie amène-t-elle à reconsidérer de façon différente certaines approches de l'homme ? Les approches racistes par exemple ?

Professeur Jean Bernard : Les progrès de l'hématologie, l'étude des maladies de l'hémoglobine ont ôté tout fondement rationnel aux théories racistes et montré qu'entre les hommes il n'y avait pas inégalités mais différences, et que le métissage est avantageux.

Jean Rostand écrivait dans Ce que je crois que pour le biologiste "la liberté est une invention des philosophes". Partagez-vous cette approche?

Professeur Jean Bernard : La biologie moderne nous apprend que nous sommes libres entre certaines limites, les limites de l'enveloppe génétique.

Vous considérez que la médecine prédictive va permettre dans l'avenir une diminution importante des dépenses de santé. Pourtant l'allongement de la vie qui résulte des progrès de la médecine et les problèmes liés à la démographie nous entraînent vers un monde qui comprendra beaucoup de personnes âgées et ainsi des dépenses importantes liées aux soins palliatifs et à la gérontologie? Y aura-t-il vraiment diminution des dépenses ?

Professeur Jean Bernard : Je suis d'accord avec les termes de la question. J'ai écrit que les sociétés futures n'auront plus à supporter de lourdes dépenses de santé (en raison des progrès des préventions) mais seront accablées par les vieillards.

L'étude du cerveau est appelée à faire de grands progrès dans l'avenir. N'est-ce pas là que se profilent les plus grands dangers sur le plan éthique ?

Professeur Jean Bernard : Les progrès des neuro-sciences ne peuvent être prévus. Ils peuvent aussi bien créer de nouvelles questions éthiques que les régler.

Vous semblez accorder une grande importance à la psycho-pharmacologie. Par contre il ne semble pas que vous accordiez grand crédit à la psychanalyse...

Professeur Jean Bernard : Je crois que nous devons espérer la venue d'un Pasteur ou d'un Claude Bernard apportant pour le cerveau des concepts neufs que nous ne pouvons imaginer. La psychanalyse, dès maintenant en déclin, disparaîtra alors.

Une nouvelle déclaration des Droits de l'Homme ne doit-elle pas être définie du fait de l'apparition des problèmes de bioéthique ?

Professeur Jean Bernard : Il me semble qu'il faut attendre ces progrès des neuro-sciences avant de rédiger une nouvelle déclaration des Droits de l'Homme.

Le Frankenstein de Mary Shelley nous semble parfois tout proche… La réflexion bioéthique a-t-elle réellement le pouvoir de prévenir les dérives d'un biologiste isolé et trop aventureux ?

Professeur Jean Bernard : Le risque existe mais les moyens nécessaires sont si lourds, si coûteux que ce risque reste limité.

A l'aube du XXIè siècle, quel est votre plus grand souhait sur le plan scientifique ? Sur le plan de la société et de l'homme en général ?

Professeur Jean Bernard : Non un souhait mais un espoir : que la sagesse de l'homme progresse et que s'atténue la discordance actuelle entre progrès de la science et absence de pratique de la sagesse.

Quel est le meilleur souvenir de votre carrière médicale ?

Professeur Jean Bernard : La première guérison d'une leucémie aiguë de l'enfant.

Interview réalisée par Guy Allix pour la revue Le Sivard  n° 5, mars 1995

 

 

[1] nombreux… nous avions même trouvé une banque à qui parler !