Alberto Cuadros Liberona

 

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La boîte à peintures d’Alberto Cuadros Liberona

 

 

Contre les arts-cuistres modernes et contre la répression infâme et immémoriale Alberto dégaine toujours… son enfance. Oui, voilà l’arme souveraine, celle que n’a pas oubliée le matricule 565, celle qui lui a permis de « tenir » jusqu’à nous. Car l’enfance c’est quelque chose qui éclate à la gueule comme explosent littéralement  les couleurs d’Alberto, couleurs qui ne sont criardes que parce qu’il faut le cri ici et maintenant. Le cri pour réveiller les consciences englouties.

 

 C’est quelque chose de profondément incompréhensible sûrement pour qui a le cœur rongé par les convenances et l’esprit de sérieux, pour qui a de ce fait, comme Alberto pendant sa détention, ses yeux proprement bâillonnés. Est-ce parce que le peintre a touché « ce que nul ne pouvait toucher » que l’on atteint chez lui cette évidence même, cette autre « clé perdue » qui vient nous libérer du joug ?

 

 Les petits véhicules naïfs (trains, automobiles, autobus, buses Totorino) peints « de main d’enfant » par Alberto sont tout sauf innocents : ils nous transportent au plus loin en nous-mêmes vers un âge sans âge, vers une vie que la mort a désertée à jamais. Car peindre « de main d’enfant » est un don du ciel qui fait la nique aux maîtres imbus d’eux-mêmes et à cet art si bienséant qu’il en devient rassis. C’est un présent qui nous mène en tous lieux comme aux origines de la vie. Ainsi les occupants de ces véhicules exposent-ils ce simple sourire et ces yeux grand-ouverts. Ces yeux étonnés comme les nôtres. Ils ne sont pas tant transportés qu’ils ne transportent le voyage lui-même comme un trophée, comme une récompense de leur candide ruse. Ils sont le voyage… et le bonheur. Qu’avons-nous besoin d’aller plus loin en effet devant ces toiles ou ces panneaux qui retrouvent toutes les couleurs du monde ?

 

 Il me plaît qu’il n’y ait plus rien à dire finalement devant l’évidence de ce travail d’artisan tout à la fois patient et fou. Tout juste peut-on remercier, ce que je fais simplement par ces pauvres mots tout empruntés.

 

 C’est donc ici, sur cette étendue soleilleuse et infinie du vivant, que je m’arrête.

 

Peinture, je me tais.

 

 Guy Allix, Catalogue d'exposition, Bann-art, 2008 

 

*** 

 

 Totorino Valdenaire et les billes de l’enfance

 

 

Alberto est mon ami et j’en suis heureux. Mais je me dois de le dire : il m’a fait, le salaud, un cadeau empoisonné. J’étais tout heureux d’avoir à rédiger la préface d’un livre où il évoquait ses amis artistes-poètes. Je me réjouissais de cet honneur. Et puis voilà : j’ai lu…

Et tout ce que je crois pouvoir dire c’est que… je n’ai rien à dire. Et pour cause. Que puis-je ajouter en effet à ces saynètes où l’art est interrogé avec une jubilation extraordinaire ? Du reste, on serait en droit de s’interroger : comment se fait-il que le discours sur l’art n’atteigne jamais cette hauteur de joie ? Toujours est-il que voilà des textes qui se passent de préface, de discours. Des textes qui se suffisent à eux-mêmes comme les œuvres qu’ils convoquent… Et c’est là que je me vois obligé. Après tout, il l’a bien fait, lui ! Il a relevé le défi. Mais je ne suis pas Alberto et encore moins ce Totorino Valdenaire. Je ne suis pas non plus Georges-Emmanuel même si, un vilain jour, l’on me jettera par la Trappe moi aussi.

Mais comme certains, dont l’auteur de ce livre, me prennent pour un poète, il me faut bien jouer le jeu et me risquer en scène à mon tour, au moins un peu, sachant que la poésie, au centre de ce livre, est « la dimension qui enrichit admirablement » la recherche des amis d’Alberto quand l’art consiste à atteindre une « prodigieuse éloquence poétique ».

Il me plaît qu’un homme se lève, monte sur le tréteau et dise que tel artiste « peint avec tout son corps et change le monde en peinture ». Il me semble soudain évident qu’une œuvre véritable ce devrait être toujours cela, ce don d’un corps unique, ce don de ce soi singulier, à l’univers. Il me semble aussi que chaque fois ce don devrait nous émouvoir « au point de briser la moindre parcelle d’indifférence en nous. ». Ces mots prononcés sur une scène fictive, toute proche d’un Jarry, me paraissent donc terribles de vérité, de réalité. Et on s’aperçoit alors que bien des toiles dont on nous rabat les oreilles ne sont alors que de bavants barbouillages, des abolis bibelots d’inanité visuelle.

C’est que Totorino Cuadros nous parle d’une autre peinture ou d’une autre sculpture que cet « art » intellecto-philosopho-concepto- cuistro- ennuyo-académique. Il nous parle d’une plastique qui « nous rend les billes de l’enfance ». Et il peut dire cela parce qu’il a, lui-même, gardé ces billes au fond de ses poches et en a même volé quelques autres… Je le sais car, la dernière fois que je l’ai vu, il y a trois jours, nous avons joué ensemble et il a gagné, le tricheur, m’enlevant mes dernières agates. C’est là que réside le génie de ces textes, dans ce jeu, dans cet esprit d’enfance qui rime si bien avec « résistance » - et notre hôte exilé du Chili connaît bien aussi cette dernière -. En effet, les écrits sur l’art ne font souvent qu’encager les artistes et les lisant, nous avons peur : nous nous  disons que ce n’est pas pour nous, que nous ne sommes pas assez intelligents pour entrer voir l’expo. Tout porte à croire qu’il convient, pour ces critiques patentés et pathétiques, que tout ce savant désordre rentre dans l’ordre du discours. Il faut, pour eux, baliser le domaine vagabond et tenir les artistes en laisse.

Ici rien de cela. Alberto Valdenaire,  tout au contraire, ouvre grand les vannes, ouvre grand les portes ainsi que le faisait Prévert, justement convoqué lui aussi. Sa parole, simplement joyeuse des présents reçus, remercie avec un franc sourire. Elle ne sait que remercier.

Alors voilà, je n’irai pas plus loin de peur de tomber à mon tour dans cette cuistrerie qui éloignerait le lecteur… et le voyeur. Je voudrais remercier à mon tour. Je laisse donc la parole à l’« artiste témoin » et je me contente de frapper les trois coups. Toc, toc, toc, Totorino !

Guy Allix, Préface du Jardin lumineux des artistes poètes

 

Contact : alberto.cuadros@wanadoo.fr

Atelier : 5, rue du Tourniquet

14160 Dives sur Mer

N° Portable : 06 75 99 94 17

Sites :  http://albertocuadros.monsite-orange.fr/

www.wix.com/totorino/alberto-cuadros-peintre

 

A noter qu'Alberto organise le festival d'art actuel de Dives sur mer (14)

du 17 au 20 août 2014.

 

Festival d'art actuel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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